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Revue de presse 07

Philippe Carles – Rédacteur en chef de Jazz Magazine

Producteur à France-Musiques, co-auteur du "Dictionnaire du jazz" (Ed. Laffont), et de "Free Jazz Black Power" (Folio/Gallimard)

N'ayons pas peur des rapprochements, associations et métaphores prévisibles, voire “téléphonés” : d'emblée, ce jazz-là s'impose en douceur, ou plutôt suggère des tempos et langueurs de tapis volant, des volutes et inévitablement (étymologiquement) des arabesques, et bien sûr ce mouvement sinusoïdal du nombril des danseuses orientales qui n'en finit pas de dessiner l'infini.

À la différence des déjà désuètes et mercantiles tentatives qui, naguère étiquetées “world music”, ont pu faire croire à quelque réinvention du “métissage”, alors que le mélange, le mixage constituent depuis près de quatre siècles (depuis cet “accident” de l'histoire à quoi l'on doit la “fabrication” dans le Nouveau Monde de travailleurs immigrés involontaires...) un des axes de la musique africaine-américaine, à la différence de ces “produits” vaguement ”exotiques”, le désir musicien de Mamdouh Bahri est, sinon “naturellement”, en tout cas biographiquement à un carrefour de cultures dont il offre une illustration remarquable – l'orchestre new-yorkais "Spirit of Life Ensemble" et son percussionniste leader Daoud Williams ne s'y sont pas trompés qui ont fait du guitariste tunisien un de leurs “guest soloists” vedettes depuis près de quinze ans.

Se croisent et s’entrelacent dans les thèmes et les improvisations de Mamdouh Bahri la mémoire de diverses phases du jazz et du blues, les échos de certains “déchireurs” assimilés à l’univers du rock, mais aussi les effluves, comme en filigrane, des maîtres de l’oud, ce luth oriental dont les nuances cristallines imprègnent toute la musique arabe, voire certaines inflexions et tournures plus ou moins consciemment héritées des grandes voix de l’Orient arabophone. Et c’est en cela aussi qu’il n’est pas besoin de “passerelle” pour circuler dans le monde sonore de Bahri : quelle que soit la région, la couleur qui sous ses doigts passent au premier plan, que la référence la plus évidente soit bleue et/ou noire, afro-américaine ou arabo-andalouse, le pouvoir de charme de cette musique est inévitablement fondé sur l’amour de la danse et du chant – sur des mouvements de corps.

Journal de la Haute Marne – Mardi 13 avril 2004

Le Mamdouh Bahri Group composé de cinq musiciens a offert, pour cette soirée méditerranéenne, des brassées de notes aux fines saveurs orientales, faisant voyager par la pensée l'auditoire composé de connaisseurs et d'amateurs, tous conquis par les thèmes musicaux et les rythmes. Complices dans la vie, mais aussi sur la scène, les cinq artistes ont conversé musicalement faisant rebondir les notes d'un instrument à l'autre. Les applaudissements ont témoigné de la qualité des nombreux chorus qui ont fait la joie de tous et fait découvrir au public, des musiciens de haut niveau... Le répertoire a repris ses droits au grand soulagement des mélomanes captivés par cette musique, empreinte de jazz américain et d'inspiration tunisienne où chacun a pu apprécier un discours d'improvisation très développé, miroir de l'âme du jazz. Le public enthousiaste s'est levé pour saluer avec chaleur le départ des cinq musiciens.

KAT – Jazzbreak.com – 23 janvier 2004

Ce vendredi, à la MJC Picaud, nous avons eu le plaisir et le "privilège" d'assister à la toute première performance publique du quartet du guitariste et compositeur tunisien Mamdouh Bahri. Sa musique est poétique, limpide et simplement belle. Elle fait voyager dans les pays du Maghreb et du pourtour méditerranéen avec quelques escales en Afrique noire...

Jean Szlamowicz - Jazz Hot - n°594 - Octobre 2002

Au Duc des Lombards, le 29 août, le guitariste tunisien de Montpellier (via New York) Mamdouh Bahri (Jazz Hot n°565) nous a conviés à un beau voyage suivant les procédures du jazz mais ajoutant des couleurs inédites. Il va jusqu'au bout de son lyrisme et de ses idées dans un balancement lancinant et intense avec une exigence émotionnelle bien servie par son groupe composé de l'inspiré Philippe Botta (ts, fl), l'élégant Francis Balzamo (b) et des omniprésents Rachid Sbaï (perc) et René Nan (dm). Rien de "world" dans cette synthèse pertinente de jazz et de Maghreb dont la fraîcheur rare gagnerait à être entendue plus souvent sur Paris.

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